Sermig

Lettre à la conscience

4ème Rendez-vous Mondial des Jeunes de la Paix

DE NAPLES RENAIT L’ESPOIR LETTRE A LA CONSCIENCE
Cette lettre à la conscience nait de la rencontre avec la souffrance. C’est le cri des Jeunes qui ont perdu confiance dans les institutions, le cri de tous les humiliés de tous les temps. Elle nait des pleurs de ceux qui ont peur de vivre dans une société sans principes, sans idéaux et valeurs partagés.

Chers Amis,
Nous vivons un des moments les plus difficiles de notre histoire. La tragédie frappe chaque jour à la porte de notre humanité, de notre cœur, de notre intelligence. Autour de nous règne une haine plus forte que mille bombes atomiques. Nous sommes capables d’aller sur la lune, de fabriquer des missiles intelligents et mettre fin à des maladies qui hier encore étaient incurables.
Pourtant, nous ne sommes pas encore en mesure de reconnaître chez l’autre notre propre visage . Nous ne sommes pas en mesure de nous interrogerquand on parle d’hommes qui meurent de faim, qui sont exclus du monde du travail, des nombreux jeunes qui continuent à se perdre dans l’enfer de la drogue et autres dépendances. Nous ne savons plus nous émouvoir devant des millions d’enfants non-nés, d’enfants soldats ou transformés en objets de plaisir . Nous ne savons plus demander pardon pour toutes les victimes de la méchanceté, du boulisme, qui peut mener à des gestes extrèmes. Nous restons indifférents devant ceux qui continuent à être tués pour leur foi et pour leurs propres idéaux. Nous ne sommes pas capables de contraster ceux qui continuent à alimenter, sans scrupules, le marché des armes et du terrorisme.

Dans un tel monde il est bien difficile de parler d’espérance. Tout est démentiel, mais le présent est encore entre nos mains et ce qui n’a pas eu lieu peut encore avenir. Existe-t-il encore une mesure de l’amour, de la justice ? Oui, elle existe.
La Bible, nous indique une voie. Le prophète Samuel, l’autorité plus importante d’Israel, au moment de mourir appela et réunit son peuple et lui demanda : « Qui ai-je volé ? Qui ai-je traité avec supériorité ? Qui ai-je blessé ? Ai-je accepté un cadeau pour fermer les yeux sur une injustice ?Si je l’ai fait, je suis là pour tout rendre ! ». L’Evangile, ensuite, apporta une véritable révolution : « Si tu présentes une offrande sur l’autel et que tu te souviennes alors que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ». C’est une invitation pour les croyants, mais également pour les non croyants, car chacun de nous peut se réconcilier. Pour moi la réponse est celle là.

Je pourrais pointer le doigt en l’air, me scandaliser, faire des polémiques, mais depuis bien longtemps j’ai compris que malheureusement il ne suffisait pas de crier « Au secours, au secours ! » pour changer les choses. La vérité doit être vécue dans son for intérieur, chaque jour. J’ai compris qu’il vaut mieux pointer le doigt sur nous mêmes : et moi, que puis-je faire?

Il est temps de réveiller notre conscience et comprendre que les petits peuvent faire de grandes choses. C’est des petits qui vivent dans la véritéque peut venir l’autorité morale pour dire « ça suffit ! ». Une autorité capable de mobiliser sans violence des millions de personnes. Seulement ainsi ce « ça suffit ! » pourra entrer dans les palais de la politique, de l’économie, des différentes confessions religieuses et porter à un changement radical, une révolution pour ceux qui vivent le pouvoir comme un service. Ces moments difficiles comme ceux que nous sommes entrain de vivre, peuvent être un terrain fertile vers de nouvelles dérives autoritaires, ou vers un nouveau printemps, réalisable uniquement si nous laissons place à la conscience, à tout âge de la vie. En commençant dès le plus jeune age et par de petites choses.

La conscience est ne pas tromper et toujours dire la vérité.
La conscience est ne jamais trahir.
La conscience est pleurer avec ceux qui pleurent sans jamais se servir de cette souffrance.
La conscience est choisir le pardon car la rancune entraine toujours la vengeance.
La conscience est faire de la prison une opportunité de renaissance.
La conscience est faire des hôpitaux des lieux dans lesquels le malade n’est pas un chiffre mais une personne.
La conscience est étudier sérieusement car le futur de la société dépend aussi de ma préparation. La conscience est faire tout son possible pour que tous aient un travail digne ,pour donner et recevoir un salaire juste.
La conscience est payer ses impôts.
La conscience est faire de ma profession un service pour le bien commun.
La conscience est faire de la politique pour servir, sans chercher les privilèges.
La conscience est refuser la faim dans le monde et comprendre que le temps , l’intelligence et les ressources ne sont pas uniquement pour moi ; tout doit etre au contraire utilisé pour être partagé et pour construire un monde meilleur.
La conscience est respecter la nature.
La conscience est utiliser le pouvoir d’internet, des médias et des nouvelles technologies uniquement pour diffuser le Bien.
La conscience est diriger la recherche et les connaissances scientifiques au service de la vie.
La conscience est donner la parole à ceux qui ne l’ont pas et avoir le courage de la vérité.
La conscience est respecter la diversité, voir chez l’autre un homme, une femme comme moi.
La conscience est vivre « vivant », refusant toute dépendance.
La conscience est défendre la vie, de la conception jusqu’au dernier moment, avec amour et tendresse. La conscience est protéger les enfants et les jeunes comme un patrimoine de l’humanité.
La conscience est aider les jeunes à réaliser leurs rêves.
La conscience est savoir s’écouter et savoir écouter, pour devenir gardiens les uns des autres.
La conscience est la voix de Dieu qui parle en moi, de toi.

La conscience ne parle pas inutilement. Elle agit et fait en sorte que les personnes ont envie de devenir les yeux d’un aveugle, les oreilles d’un sourd, le pain d’un affamé. La conscience me fait aimer le présent regardant déjà le futur, elle m’ouvre au monde, à la légalité et à la fraternité. La conscience me fait distinguer le bien apparent du vrai Bien, c’est-à-dire celui qui porte à la plénitude et surtout elle me fait comprendre que pour le bien il n’existe que le bien. Seul la conscience m’aide à prononcer des « oui » et des « non » dont ma vie et celle du monde ont besoin.

Le premier « non » ferme concerne la drogue, légère et non, légale et non. Car la drogue fait mal et celui qui l’achète alimente le marché criminel international. Gandhi a réussi à combattre le plus grand empire colonial de son temps en demandant à son peuple de ne plus consommer de sel. Aujourd’hui les jeunes peuvent combattre un des plus grands empires économiques du mal en disant « non » à la consommation de la drogue.

De la même façon, nous devons dire un « non » catégorique aux armes car elles tuent quatre fois : premièrement elles enlèvent des ressources à l’éducation, à la santé et au développement. Deuxièmement elles bloquent des connaissances et des intelligences sur la construction d’instruments de mort toujours plus raffinés. Troisièmement elles sont utilisées pour détruire et tuer. Et enfin elles portent à la vengeance. Fondamentalisme et dictature, faim et soif, maladies, ignorance, chômage ne se combattent pas avec les armes mais avec une politique basée sur la justice qui ouvre les portes à la paix.

La conscience nous demande l’institution d’un ONU renouvelé et crédible qui garantira les droits humains, les libertés religieuses et politiques, qui défendra les minorités, qui interdira l’usage des armes, qui sera l’autorité morale pour cesser les guerres puisqu’il aura œuvré dès le début à éliminer les injustices et les dégâts provoqués par les dictateurs en place, grâce à la diplomatie et si nécessaire grâce à un contingent pour la paix.

Ce n ‘est pas un rêve. Moi, j’y crois. C’est la raison pour laquelle je m’adresse à la conscience des endormis, à ceux qui sont convaincus que bouger ne sert à rien. Le monde peut changer ! Nous avons la force intérieure pour le faire, une force qui bout et bourgeonne en nous. J’écris à la conscience de ceux qui ont envie d’écouter car je suis un pauvre homme et je parle aux pauvres hommes comme moi. Je suis convaincu que pour changer le monde on a besoin de ma faiblesse et de votre faiblesse. On a besoin de la faiblesse des jeunes sans pouvoir, les plus pauvres de tous, les plus exploités, car Dieu depuis toujours parie sur les petits. Dieu aime sans limite le nouveau que les jeunes portent dans leur cœur et sait qu’ils sont en mesure de le réaliser. Un miracle qui peut exploser seulement si la conscience se réveille en eux, en nous, chez tous. Alors, la stupeur frappera à la porte de l’histoire.

ERNESTO OLIVERO
NAPLES, 4 OCTOBRE 2014, FETE DE ST FRANCOIS D’ASSISE